
Voici de quoi définir le big beat....
Voici une définition de All Music Guide
En sauvant la communauté électronique de diminuer jusqu'à son extrême limite de l'expérimentale, le Big Beat émergea au milieu des années 90 comme la nouvelle vague de grosse et stupide dance. Les pionniers de toute la planète ont insisté sur le côté "sans intelligence" de la dance dès 1994 et ils ont réagi à cela et se sont attaché au drum 'n' bass ainsi qu'aux mouvements expérimentaux. Le Big Beat devint finalement un mouvement à part entière en 1995-96 avec deux labels anglais, Skint de Brighton et Wall Of Sound de Londres. Les sorties maison de Fatboy Slim, Bentley Rhythm Ace, et Lo Fidelity Allstars méritent plus d'honneurs pour leur innovation et leur qualité, bien que Wall Of Sound ait été fondé légèrement plus tôt et sortit des singles géniaux des Propellerheads, Wiseguys et Les Rythmes Digitales. Très tôt, le Big Beat se révéla très populaire en Amérique, et des artistes attachés au City Of Angels Records ( The Crystal Method, Überzone, Lunatic Calm, Front BC ) furent reconnu en remerciements aux origines anglaises. Autre que Fatboy Slim, les autres artistes superstars du Big Beat étaient les Chemical Brothers et Prodigy, deux groupes qui ont précédé le style. ( et qui ont assisté à sa naissance ). Que ce soit l'un ou l'autre, ils n'étaient jamais un peu juste dans le style, ils donnèrent des productions qui ont souvent reflèté la plus grande intelligence au bord du trip-hop, et se sont rarement éloignés de l'esprit original du Big Beat.
Le son du Big Beat, plutôt une fusion éffrontée de breakbeats old-school avec des samples appropriés, rappelait la phase samplédélique de la house des 80's aussi bien que le rap old-school et son penchant pour les samples stupides et les breaks irrésistibles. Bien que la programmation des samples et la production générale sautaient et bondissaient au delà de leurs prédécesseurs, le Big Beat étaient néanmoins critiqué d'abrutiser la vague électronique des 90's. Même pendant que les disques des Chemical Brothers, Prodigy et Fatboy Slim avaient du succès dans les charts américains et remportaient des avis positifs dans tout le monde, beaucoup de fans de dance rejetèrent systématiquement le style car il était trop dépendant des valeurs de la production et épuisaient les samples. Le Big Beat dura étonnement longtemps, en donnant les contraintes d'un style dépendant de la patience des auditeurs qui avaient entendu les mêmes breaks des douzaines de fois, aussi bien que la patience des DJs fouiller les provisions de l'économie locale pour trouver des samples intéressants sur des vieux disques.
Voici un article hyper instructif paru dans "Le Monde" du Dimanche 15 août 1999 écrit par Véronique Montaigne
C'est à Brighton qu'est né le big beat
Brighton/Reportage. La rumeur a créé le big beat, un genre de musique drôle et ludique, techno mâtinée de hip-hop et de rock qui serait issu des studios qu'abrite cette ville des bords de Manche : la vie n'y est pas chère, des artistes y ont trouvé refuge.
Les heureux constructeurs des garages à bateaux, vieux gréements en bois dont quelques exemplaires résistants sont exposés en bord de plage, le « C-Side », entre le Cuba Bar et les Fish And Fried qui jalonnent le parcours maritime de Brighton, n'avaient sans doute pas prévu que les voûtes épaisses de leur repaire serviraient aujourd'hui de temple au big beat. De l'électronique (techno, selon l'usage français), du hip-hop, du rock éclatant, des baffles à faire trembler les murs, une envie d'éclater les goûts et les frontières : le big beat est né là ; le trip-hop à Bristol, ville industrielle aux fondements mélancoliques, quand Brighton fait la fille de joie en bord de mer. A la mode au XVIIIe siècle, la station balnéaire préférée du prince de Galles, futur George IV, roi à la double vie, fut dans un autre temps (le nôtre) la chouchou des mods à cheveux courts qui y débarquaient sur des scooters pour affronter les rockers à banane. Les couples illégitimes prirent ensuite pour habitude de venir passer le week-end à Brighton, tirer des lapins à la carabine et manger des gaufres odorantes sur l'un des deux piers, môles qui enjambent la plage de galets.
On peut, pour peu, au Palace Pier, gros gâteau lumineux, faire dangereusement du ski, jouer cinq pence aux courses de chevaux, bluffer comme un gangster, bref, se faire un (mini)plan Las Vegas sur les simulateurs vidéo. En bas, le Cuba Bar, planqué sur la promenade et sous la route, diffuse les tubes de Abba pour les minettes en débardeurs.
Sur la plage, assis en ligne, quelques échantillons d'une jeunesse omniprésente à Brighton fument en regardant l'horizon (Dieppe, Deauville, Le Havre, juste en face), méditant sans doute la philosophie ambiante : Brighton, dit Damian Harris, le papa de Skint, label fondateur du big beat, est une ville où il est « easy to be lazy » (« facile d'être paresseux »). C'est presque un slogan publicitaire. Brighton avait déjà deux universités, une école des beaux-arts, elle a hérité en quelques années des lassés de la vie londonienne (loyers chers, squats impossibles) ayant envie de retrouver à une petite heure de train de la capitale l'esprit militant du groupe artistique - signe des avant-gardes en marche. La municipalité ne fut pas avare des avantages du welfare.
« Brighton, poursuit Damian Harris, est un endroit formidable pour ne pas avoir d'argent. On peut y être pauvre, créer et avoir une belle vie quand même, ce qui est impossible à Londres. On peut aussi être totalement loque en ne faisant rien. » Arrivé à Brighton au début des années 80, Norman Cook, bassiste des Housemartins, un groupe disciple des Smiths ( Le Monde du 2 décembre 1998), passe à la house, versant organique et festif de la techno, au début des années 90. Il change de nom à chaque expérience (Freakpower, Pizzaman, Mighty Dub Kats, Fleid Funk Food et, récemment, Fatboy Slim). Il a le sens du succès, fait des hits et un album-manifeste intitulé Better Living Through Chemistry. La chimie illicitement en vente sur la plage serait, à Brighton, aussi bonne que l'air marin, selon les consommateurs d'ecstasy, drogue à plaisirs prolongés et dangers profonds. Ville de week-end, espace temporel du délire anglais - ou comment s'éclater la tête le vendredi soir -, Brighton subit les effets de la hype, la rumeur qui propulse tout et n'importe quoi vers le succès. The Perv (pour « The Perverse »), gaillard filiforme coiffé d'un éternel chapeau de cow-boy, énumère ainsi, au fil de ses chroniques noctambules écrites pour le mensuel gratuit The Brighton Source, les clubs-champignons, la vitalité mondaine des uns, l'extinction des autres. The Perv, ami acerbe de la communauté gay, fort nombreuse à Brighton, et du label Skint, décerne la palme de l'événement du mois d'août (hors éclipse et fin du monde), au « mariage royal entre le prince du big beat et la reine du rêve humide » (le prince Edward et Sophie Rye-Jones).
Damian Harris mange des tagliatelles aux champignons, Norman Cook passe dans la rue, The Perv fait un petit tour. « C'est petit, Brighton. Ça peut être lassant, on rencontre toujours les mêmes gens », dit Christian Vogel, l'un des deux pôles de Super Collider, de la tribu Skint-Loaded (lire ci-dessous).
Les trois jeunes énergumènes de Space Raiders, trio originaire de Middlesbrough, ville industrielle du Yorkshire, au nord de l'Angleterre, jubilent. Installés au soleil devant une pinte de bière, ces représentants de l'Angleterre moyenne, peu argentée, industrieuse, expliquent que le nom de Space Raiders vient d'une marque de chips. Que Skint, qui signifie « fauché », soit le sponsor d'une équipe de football locale réputée totalement désargentée, The Seagulls (les mouettes, autre incessant bruit ambiant de Brighton), les amuse.
Eux ont déménagé à Brighton pour séduire Skint, après envoi au label, dans une fusée, d'une cassette où était inscrit le futur de leur succès, Glam Raid. Ils ont depuis sorti Don't Be Daft, et un incontournable tube de club (I Need The) Disko Doctor. Musique ludique, musique drôle qui pourrait rehausser les bandes sonores des jeux vidéo sans les dénaturer.
Anormaux, les Space Raiders (Mark Homby, Gary Bradford et Martin Jenkins), ont grandi dans une ville d'aciéries où il est plus logique de faire du rock lourd, d'assumer l'héritage punk de plein fouet (ce qu'ils font en biaisant via la techno et le hip-hop). La house de David Morales, le DJ new-yorkais, les sirènes d'alarme, les appels intersidéraux donnent à ce joyeux bric-à-brac des airs de libération de l'homme et de la machine. Ils sont un pôle de Brighton l'éclectique. Leur deuxième album, un peu empêtré dans les affaires de droits à acquitter aux auteurs des morceaux échantillonnés, s'apprête à marier le glam-rock, Frank Sinatra, le rock californien des années 60, les gimmicks et tout le reste, « pourvu qu'il y ait du rythme et de l'amusement ».
« Brighton, c'est une petite ville, très jeune, avec une scène locale très forte, dit Sanj, alias Indian Ropeman. Tu peux faire trois clubs dans la nuit pour pas cher. » Sanj, né dans une petite ville proche de Brighton d'un père indien originaire de Bombay et d'une mère anglaise, s'est choisi un pseudonyme inspiré, dit-il, par une chanson de Julie Driscoll, The White Man. Indian Ropeman avec ses rythmiques insistantes, ses mélanges de chants, de sitars et d'atmosphère hip-hop - le rap anglais, insiste-t-il, « est à la source de ma musique » - ravive l'éclectisme de la tribu Skint.
Venu du rock, du funk, Indian Ropeman ne s'identifie pas à la culture de l'immigration indo-pakistanaise, « une communauté avec laquelle je n'ai jamais vécu », mais a écouté Ravi Shankar dans son enfance. Sur scène, renforcé par un batteur, des instrumentistes, un DJ scratcheur, Indian Ropeman a suivi la tournée des Fun Lovin' Criminals, représentant de l'esprit Skint, « un label que j'ai approché parce que j'avais une cassette : je voulais l'envoyer à des labels comme Mo'Wax ou Ninja Tune, mais il fallait la mettre dans une enveloppe, la timbrer » ! Brighton, ville de flemme.
Voici une définition qui se trouve dans le livret du CD "Pure Sounds". Ce texte est de Didier Lestrade du journal "Libération".
La naissance du Big Beat, dans la généalogie de la House, était pratiquement prévisible. Musique électronique marquée par une puissance explosive des rythmiques, le Big Beat trouve son propre créneau dans la confrontation de l'esprit Rock et de l'attitude House. C'est, comme son nom l'indique, une musique dance massive, où les basses acides sont courantes, où les guitares rock ne sont jamais très loin, où la furie de la production est particulièrement efficace en concert. Les grands noms du Big Beat, que ce soient Prodigy, The Chemical Brothers, Fatboy Slim, ont tous en commun l'expérience des raves de la fin des années 80 et une fascination plus que déraisonnable pour le Hip Hop. En mettant par-dessus tout cela une approche équidistante de la Pop et du Hardcore, la combinaison est parfaite pour attirer les nouveaux adeptes de la House qui sont peut-être plus méfiants face à l'aspect métronimique de cette dernière. Surtout, l'esprit Big Beat se moque des querelles de chapelle issues de la House et de la Techno. C'est, avant même son intérêt musical, sa principale qualité : un peu de courant d'air dans un club enfumé.
Voici les artistes représentants du mouvement Big Beat.
Prodigy
The Chemical Brothers
Fatboy Slim
Junkie XL
Lo Fidelity Allstars
Bentley Rhythm Ace
Propellerheads
Leftfield
The Crystal Method
Überzone
Lunatic Calm
Front BC
Les Rythmes Digitales
DJ Icey
Death In Vegas
Lionrock
The Wiseguys
Coldcut
Ballistic Brothers
Monkey Mafia
Headrillaz
Dub Pistols
Freestylers
Wildchild
DeeJay Punk-Roc
Akasha
Bedrock
Mekon
Daphreephunkatreez
Cut La Roc
Midfield General
Unkle & DJ Shadow
Space Raiders
Indian Ropeman
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Voici maintenant où se trouve le big beat sur l'échelle de la musique dite électronique, qui va du plus calme au plus bourrin !
Source : XL Le Magazine
AMBIENT : Musique planante, à base de nappes sonores. Grand-Père : Brian Eno et sa musique d'aéroport. Petit-fils : l'illbient new-yorkais. (ex : The Orb)
TRIP-HOP : Un beat lent, des instrumentations travaillées (souvent live) et une voix. Sans voix, tu dis aussi abstract hip-hop. (ex : Massive Attack)
HIP-HOP : Ce que tu appelles le rap n'est qu'une partie de ce mouvement culturel né à New York dans les block partys du Bronx, au début des années 70. Le hip-hop, c'est aussi le breakdance, le graff et le deejaying. (ex : Eric B & Rakim)
ACID HOUSE : Née en 1986, cette musique est une version froide et électronique de la musique à danser qui cartonnait. Son symbole : le Smiley (une tête jaune qui sourit). Son hit : "Pump Up The Volume". (ex : MARRS)
DEEP HOUSE : House moins dansante et moins électronique. Tu dis aussi : jazzy house. (ex : Larry Heard)
HOUSE : Née au milieu des années 80, rencontre de musiques black (disco) et de new-wave anglaise. Le nom s'inspire d'un club de Chicago, le Warehouse. (ex : Masters At Work)
GARAGE : Du nom du club new-yorkais Paradise Garage. House sous influences gospel et disco avec mélodies vocales et arrangements de cuivres et cordes. (ex : Roy Davis Jr & Peven Everett)
BIG BEAT : Fusion récente du rock et de la techno. Les labels : Skint et XL. (ex : Prodigy)
TRANCE : Techno hypnotique, aux basses répétitives, constellée de sons aigus pour te tenir éveillé. T'en veux encore ? La trance-goa (variété de la trance) et la dream (la dance de la trance). (ex : Total Eclipse)
DANCE : Techno ou house en version commerciale, agrémentée de voix généralement trafiquées (découpées, mises en boucle, remontées, accélérées pour effacer les fausses notes). (ex : Gala)
SPEED GARAGE : House ou garage en version anglaise jouée plus vite et saturée d'infrabasses jungle et de voix en accéléré. (ex : Dreem Teem)
HARD HOUSE : Entre house (pour l'ambiance et la sonorité) et techno (pour le beat). (ex : Daft Punk)
TECHNO : Tout ce qui fait poum poum. Parfois avec des voix, toujours avec des synthés. Musique née dans les ghettos de Detroit au milieu des années 80 avec Juan Atkins, Derrick May et Kevin Saunderson. (ex : Laurent Garnier)
JUNGLE : Evolution anglaise du hardcore avec des breakbeats. Explose avec des voix jamaïcaines. Un son spécifique (infrabasse, beats graves et aigus). En version jazz, tu dis intelligent. Tu dis aussi drum 'n' bass. (ex : Goldie)
BREAKBEAT : C'est l'ancêtre du sample. Partie rythmique qui, une fois mise en boucle, débouche sur la base instrumentale d'un morceau hip-hop, de jungle... Aujourd'hui, c'est devenu un genre entre hip-hop et house. (ex : Alec Empire)
HARDCORE : Plus rapide, dur et violent que la techno. De l'Allemagne à la Belgique, c'est l'une des spécialités en Europe du Nord. (ex : Manu Le Malin)
GABBER : Mot hollandais pour hooligan désignant un hardcore né aux Pays-Bas particulièrement violent et agressif. (ex : Thunderdome)